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 Les actions


Evaluation de la pollution sonore due au trafic maritime

Acquisition des connaissances

matériel d'enregistrement du son en milieu marin
Photo : Cetacean Research Technology (olson@cetaceanresearch.com). Mesure de pollution sonore réalisée dans la Réserve Naturelle de Scandola
Photo : Amandine Eynaudi / WWF


Présentation


L’objectif de cette action est l’évaluation de la pollution sonore dans les zones où un trafic maritime intense est observé. Ce suivi permettra de mieux appréhender l’évolution du niveau sonore sous marin suivant les différentes saisons.


Action réalisée


En 2004, six missions de mesures ont été réalisées sur le secteur des Agriate, en revanche seulement 2 missions ont pu être réalisées sur le site de Scandola en raison de mauvaises conditions météorologiques.
En 2005, 12 jours d’enregistrement ont été réalisés sur les secteurs prévus. Six jours sur le secteur de Scandola sur les mois de juin, juillet et septembre et 6 jours sur le secteur des Bouches de Bonifacio pendant les mois de juin, juillet et août.
Une meilleure coordination entre les différents partenaires et le sous-traitant ainsi que leur adaptabilité nous ont permis de réaliser toutes les missions prévues malgré une saison particulièrement ventée. Les sons produits par les bateaux ont été enregistrés avec un hydrophone immergé dans l’eau pendant les périodes ou le trafic nautique est le plus intense ou au moment du passage des bateaux passagers. Grâce à un logiciel, nous avons calculé en temps réel le spectrogramme des sons écoutés ce qui permettait ainsi d’associer l’ouïe à la vue pour la détection du bruit. Les signaux enregistrés sur un ordinateur, lors des sorties en mer, ont été ensuite traités et analysés en laboratoire. Les passages des bateaux ont été notés sur une fiche de terrain dans laquelle les bateaux sont divisés par type (bateau passager, bateau hors bord, bateau in bord, voilier et jet ski), longueur et direction du trajet.
Les sons produits par le passage du trafic nautique ont été enregistrés à l’aide du logiciel «Sea Wave», puis découpé en fichiers correspondants au passage de chaque bateau en utilisant le logiciel «Cool Edit Pro», pour être enfin analysés avec le logiciel «Spectra Plus». Ce dernier logiciel permet
d’obtenir les valeurs acoustiques qui caractérisent chaque son et qui ont été utilisés pour le traitement statistique.
Les périodes et les sites d’enregistrements ont été choisies en accord avec les personnes relais du programme LINDA sur chacun des sites (gardes des Réserves Naturelles ou skipper pour le site des Agriate) en recherchant le trafic nautique le plus intense.
Tous les enregistrements ont été faits entre 10 et 12 heures le matin et entre 16 et 18 heures l’aprèsmidi, ce qui correspond aux moments de sortie et de retour au port des bateaux.
Les enregistrements ont été faits au moment du passage du bateau à la perpendiculaire du récepteur (bateau sur lequel l’expérimentateur est embarqué et où l’hydrophone était calé), pour standardiser le plus possible les paramètres.
En 2005 l’accent a été mis sur l’enregistrement des bateaux passagers qui naviguent beaucoup dans les périmètres des Réserves Naturelles. Nous avons par ailleurs tenté d’enregistrer les Grands dauphins lors de passage de bateaux, ce qui ne c’est malheureusement présenté qu’une seule fois.

Résultats


Résultats 2004


En 2004 sur les 18 heures d’enregistrement (soit 731 bateaux) un total de 207 enregistrements (soit 14H d’enregistrement) ont été sélectionnés et analysés.
Pour 2004 : la puissance moyenne enregistrée par jour en 2004 est de 39 décibels, le pic moyen de fréquence est de 1 020 Hz et le pic d’amplitude moyen est de 49 dB. Ces caractéristiques acoustiques par jours et par site sont homogènes.
Les durées d’enregistrement étant similaires sur chacun des sites nous pouvons comparer les niveaux de bruit moyen par site.
Ainsi, les valeurs de fréquence et de puissance moyenne de chaque type de bateau sont similaires.
Seuls les bateaux hors bord, les zodiac et les jets ski présentent une valeur du pic d’amplitude (période) un peu plus élevée. Cette valeur plus élevée s’explique par la navigation caractéristique en «tapant sur les vagues» de ces navires. Les résultats relatifs aux pics de fréquence par type de bateau montrent que les voiliers et les jets ski possèdent, en moyenne, une fréquence plus basse par rapport aux autres. En revanche la puissance est comparable a celle d’un bateau à moteur « classique ». Les jets ski produisent un bruit qui est presque plus consistant dans l’air que sous l’eau.
Les caractéristiques acoustiques des voiliers présentent en moyenne une puissance équivalente ou parfois supérieure à certains bateaux à moteurs. Ceci est probablement du au fait que les motorisations de petites capacités installées sur ces navires, sont au maximum de leur puissance et produisent ainsi un bruit important. Le même phénomène est observé pour les pneumatiques eux aussi équipés de motorisation de petite capacité mais « poussées » au maximum de leur puissance.
En revanche les valeurs du « blanc1 », enregistrées sur chaque site, comparées aux valeurs moyennes lors des passages de bateaux montrent bien que les sites sont bien plus bruyants en période de fréquentation nautique.
On remarque que les caractéristiques acoustiques des sites sont modifiées en période estivale lorsque de nombreux bateaux naviguent sur la zone : la puissance, les pics d’amplitude et de fréquence augmentent tous de façon importante.
Le niveau de bruit moyen de ces zones augmente de façon importante lors du passage des bateaux.

La différence entre les valeurs « du blanc » dans chaque site est donnée par les conditions du site d’enregistrement : la profondeur, la nature du fond, etc.
Le site d’enregistrement dans la Réserve de Scandola est le plus « bruité » même sans passage de bateaux. Ce-ci est du aux échos produits par le fond rocheux et de la faible profondeur du site d’enregistrement. En revanche, les résultats des enregistrements faits dans la Baie de Rondinara
(Bouche de Bonifacio) sont le reflet d’un milieu très peu bruité grâce aux mattes de posidonie qui recouvrent la baie et qui absorbent beaucoup les échos.

Les enregistrements des maximums de puissance et de fréquence montrent que les bateaux à moteurs (zodiac, hors bord et in bord) produisent un bruit beaucoup plus important que les voiliers et les bateaux passagers, pour lesquels on pouvait attendre des niveaux de puissance et de fréquence
élevés ont en fait des caractéristiques similaires aux voiliers.


Résultats 2005


Pendant les 12 jours d’enregistrements effectués, 43 bateaux passagers sur lesquels nous avons concentré l’étude de cette année ont été enregistrés. L’autre paramètre considéré est la distinction entre les moteurs 2 temps et 4 temps. Pour cette analyse nous disposons de 17 enregistrements de bateaux pour lesquels la distinction entre moteur 2 temps et 4 temps est certaine.

Les donnés montrent un pic moyen de fréquence sur les deux Réserves de 390Hz avec une différence considérable entre les Bouches de Bonifacio (555Hz) et Scandola (224Hz). Cette différence importante de la fréquence moyenne de chacun des sites est fortement influencée par le nombre important de bateaux de promenade en mer enregistrés sur le site de la RNBB qui présentent de fortes fréquences moyennes.
Les résultats concernant la puissance totale et le « peak amplitude » sont plus proches avec une valeur moyenne respectivement de 37dB (RNBB) et 48dB (RNS). Ces différences de puissance résultent des conditions d’enregistrement. Sur le site d’enregistrement de la RNS la profondeur était faible induisant des échos et amplifiant ainsi la puissance reçue par l’hydrophone.

Evaluation des pratiques de Whale-Watching : étude socio-économique

Les enregistrements des sifflements ont été menés dans la Réserve des Bouches de Bonifacio dans la Baie de Rondinara. Cette zone est caractérisée par une conformation du fond et une couverture de posidonie dont les caractéristiques acoustiques sont particulièrement adaptées à l’expérimentation menée. L’enregistrement d’un groupe de dauphins de l’espèce Tursiops truncatus dans une intense activité de chasse a eu lieu pendant le passage de plusieurs bateaux à moteur.
Sur ces enregistrements nous avons essayé d’établir une relation entre les caractéristiques des vocalisations pendant le passage des bateaux et en absence de bruit du moteur.
L’observation des animaux et l’enregistrement simultané de leurs vocalisations pendant une demiheure n’a pas permis de mettre en évidence des changements de leur comportement. Le groupe de dauphin en chasse a continué son activité sans se préoccuper des bateaux à moteurs qui passaient à proximité, en produisant des sifflements et des trains de bulles, deux types d’émissions sonores typiques de cette activité.

En revanche n’ayant pas d’enregistrement de ce groupe de dauphin sans passage de bateaux nous ne pouvons pas définir s’il y a eu une augmentation de la puissance ou une modification des fréquences habituellement utilisées dans les vocalisations en présence du bruit anthropique.
Les éléments manquants pour établir un lien entre fréquentation nautique et pollution sonore. Premièrement, la chaîne d'acquisition n'est pas caractérisée et les signaux sont normalisés. Il est donc vain de vouloir extraire la moindre puissance acoustique. On peut recommander de procéder à l'étalonnage complet de la chaîne d'acquisition avant son utilisation et à définir un protocole d'enregistrement fixant la profondeur de l'hydrophone, la durée de l'enregistrement, la dérive du bateau, les conditions météo, les observations visuelles de surface.
Deuxièmement, on sait que les animaux émettent des sons directifs. Il est donc important de préciser s'ils sont dans l'axe de l'hydrophone ou s'ils se déplacent en s'éloignant. Même si c'est de moindre mesure, on peut faire la même remarque pour les bateaux, notamment les bateaux de grande taille. Il a été montré que la puissance des sons fluctuait si l'hydrophone enregistrait lorsque le bateau arrivait vers lui, ou lorsque le bateau évoluait de côté.
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