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La pollution, souvent véhiculée par les eaux venant de zones urbanisées et industrialisées, est de plus en plus désignée comme un facteur grave agissant sur le moyen ou le long terme.
Plusieurs équipes scientifiques du pourtour méditerranéen travaillent sur l’analyse des concentrations de contaminants, notamment organochlorés ou de type métaux lourds, trouvés dans les cadavres ou mesurés par biopsies chez des cétacés.
C’est le cas en Algérie, en Croatie, en Espagne, en France, en Israël et en Italie. Des données récentes montrent que les concentrations de contaminants chimiques de type organochlorés ou métaux lourds établies chez des cétacés en Méditerranée sont supérieures à celles trouvées dans des populations atlantiques.
Le phénomène de bio-accumulation des contaminants toxiques chez les cétacés s’amplifie au fur et à mesure que les animaux se nourrissent à des niveaux élevés de la chaîne alimentaire ; le Tursiops truncatus (Grand dauphin) étant au sommet de la chaîne alimentaire marine, est donc exposé aux plus fortes concentrations de contaminants.
Les composés chimiques organochlorés sont notamment représentés par les polychlorobiphényls (PCB), le DDT (dichloro-diphényl-tricloréthane, puissant insecticide), les solvants, les gaz de type CFC (chlorofluorocarbone) et les plastiques de type PVC (polyvinyl chloride). La plupart des composés organochlorés sont peu solubles dans l’eau mais s’accumulent facilement dans la graisse des organismes vivants.
D’une manière générale, les taux de composés organochlorés relevés chez les cétacés semblent plus élevés pour les espèces côtières (cas du Grand dauphin) exposées à des concentrations plus fortes. Cependant, les espèces vivant plus au large sont également concernées.
Les taux de métaux lourds éminemment toxiques (cadmium, Plomb, zinc, mercure) dans les tissus d’animaux échoués se sont aussi avérés très élevés et des atteintes profondes aux tissus en relation avec ces produits ont été mises en évidence.
L’Université de Corse mentionne notamment la présence de plomb dans tous les viscères des animaux échoués étudiés, à des taux comparables à ceux pouvant provoquer le saturnisme chez l’homme. Les travaux révèlent une très forte augmentation de ces taux en 20 ans : environ 100 fois plus de cadmium dans les reins, et 5 à 500 fois plus de plomb, suivant les organes analysés.
Par ailleurs, l’afflux touristique saisonnier entraîne une augmentation des effluents qui ne sont pas traités correctement par des équipements sous dimensionnés. Souvent les capacités de traitement des stations d’épuration sont dépassées, les effluents déversés sont donc mal traités, et il y a parfois même des surverses. Cette pollution atteint les côtes et a un impact important (augmentation de la turbidité, augmentation de la charge bactérienne terrigène…) sur les écosystèmes côtiers dont dépendent les groupes de Grands dauphins.
De la même façon l’augmentation de l’activité de plaisance pendant la saison estivale se traduit dans les ports, et dans une moindre mesure en mer, par une augmentation de la pollution par les hydrocarbures. Les pleins d’essence sont réalisés tout au long de la journée par les plaisanciers, avec les fuites et les pertes que cela occasionne et qui entraînent la formation de nappes d’hydrocarbures dans les ports, tandis que l'augmentation du trafic en mer génère une pollution par le biais des échappements et des rejets de cale.
Les conséquences sur la santé des animaux sont encore mal connues, mais il est avéré que des taux d’accumulation très élevés peuvent, sinon être la cause directe de mortalités importantes, du moins affecter gravement les capacités immunitaires et reproductrices des cétacés : atrophie des gonades, intoxication des nouveau-nés, fragilité du système immunitaire favorisant les épizooties.
La présence dans les tissus de mammifères marins de composés organochlorés à des concentrations supérieures à 100 mg/kg de biomasse a été associée à l’apparition d’anomalies de reproduction chez ces animaux. La présence de mercure dans les tissus des cétacés a également des impacts sur les systèmes nerveux et immunitaire des animaux contaminés. Il est actuellement reconnu que les taux de composés organochlorés relevés dans les tissus des cétacés atteignent des niveaux connus pour être la cause de sérieux dommages neurologiques chez l’homme (affaiblissement du système immunitaire et modification des taux d’hormones thyroïdiennes).
Les composés à base de métaux présents dans les peintures pour bateaux posent également un réel problème puisqu’ils provoquent chez les cétacés des troubles du développement des organes reproducteurs et interfèrent directement avec le processus de la reproduction chez les animaux adultes. Ils interfèrent également avec le thymus, affaiblissant les capacités de défense des animaux face aux infections.
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